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Au-delà des soins réguliers à apporter à votre cheval et à ses sabots, observer le comportement du cheval permet de mieux le comprendre. Ainsi, essayez de communiquer avec lui mais surtout de l'observer au sein de ses congénères. Les chevaux n'ont pas besoin de contact pour comprendre les intentions de leurs pairs. Ils utilisent un langage corporel spécifique composé de postures, d'attitudes et de mouvements précis. Interpréter ces codes permet alors de déceler l'état physique et psychique de chaque équidé. 

Apprenez à connaître les chevaux et à respecter leur comportement naturel, pour une meilleure communication et compréhension. Ils sauront vous le rendre au centuple.

Comportement du cheval : savoir « écouter »

Bon nombre de cavaliers rêvent de communiquer au mieux avec leur monture. Faire preuve d'une certaine intuition, tenter d'imaginer et de comprendre ce que pense son cheval permet de mieux « parler cheval ». Il s'agit de :

  • dialoguer avec le cheval pour mieux le comprendre, 
  • savoir écouter et ressentir ses attentes,
  • entrer en contact avec lui.

De cette « intuition équine » peut découler la capacité de mieux définir l'état d'esprit du cheval mais aussi de mieux connaître son caractère et d'anticiper ses réactions. Il en est de même pour le cheval, qui nous étudie et ressent toutes nos sensations définies par notre rythme cardiaque, comme la colère, le bien-être, le stress. Le cheval nous aide à nous contrôler, nous éduque, et représente une excellente thérapie naturelle dans la vie du cavalier.

De ce fait, on arrive à une communication inter-espèce cavalier/cheval. Et comme le disait Aloïs Podhajsky, « le cheval enseigne à l'homme la maîtrise de soi et la faculté de s'introduire dans les pensées et les sensations d'un autre être vivant. »

Comportement du cheval à l'état naturel

Le cheval est un animal naturellement sauvage vivant en harde. De nos jours, bien que domestiqué, le cheval n'a rien perdu de son comportement naturel lorsqu'il vit au pré, à savoir :

  • se déplacer en groupe ou seul sans trop s'éloigner de ses congénères ;
  • fuir quand il est inquiet ou quand il a peur ;
  • se déplacer en groupe pour brouter ou pour s'abreuver, ou seul sans trop s'éloigner de ses congénères ;
  • définir une hiérarchie dans le groupe entre le chef du troupeau, les dominants et les dominés.

De ce fait, le cheval n'est pas un stéréotype, un animal programmé à être dressé pour correspondre à nos attentes d'éducation. Il faut respecter son comportement inné et ses conditions de vie naturelles pour obtenir un cheval « bien dans sa tête ». 

Le cheval est un être social grégaire, intelligent, possédant une mémoire exceptionnelle. Il dispose de ses propres capacités cognitives et d'aptitudes mentales ayant pour objectif de l'aider à faire face aux contraintes. Connaître les « bons boutons » pour mieux travailler avec son cheval, c'est bien. Cependant, attention à ne pas lui imputer les mêmes connaissances qu'aux hommes, et aux interprétations ou aux attitudes anthropomorphiques. 

Si vous n'optez pas pour le bon geste ou la bonne attitude en tant que cavalier, le cheval ne peut pas comprendre ce que vous attendez de lui. Ainsi, sachez vous remettre en question avant de considérer que le cheval est rétif, caractériel ou bon à rien ! Un soi-disant mauvais caractère ou une soi-disant mauvaise volonté sont en réalité bien souvent imputables au cavalier qui n'a pas compris les besoins de sa monture.

Comportement des chevaux en groupe

Observer les chevaux entre eux permet de mieux les comprendre. Prenez le temps de les voir évoluer au pré.

L'organisation sociale du cheval

Une hiérarchie est toujours mise en place dans un troupeau d'équidés. Pour contribuer au bien-être des chevaux, il est essentiel de la connaître et de la respecter. Cherchez à savoir comment ils sont organisés, tâchez de repérer le leader, les dominants et les dominés.

Voici les grandes règles de la hiérarchie au sein des équidés :

  • C'est le leader qui conduit et gère le troupeau. Puis viennent les suiveurs.
  • Comme pour les humains, il y a des affinités qui se créent entre les chevaux. Dans une harde, on peut s'apercevoir que certains chevaux restent toujours l'un près de l'autre. Ils ont créé des liens affectifs
  • L'ordre hiérarchique décide notamment de qui mange en priorité : tout d'abord le leader, puis les autres selon leur place dans la hiérarchie.
  • Si un dominé souhaite s'imposer sans respecter l'ordre, attention aux représailles de ses congénères. Menaces et agressions physiques peuvent être au rendez-vous !
  • La hiérarchie permet aussi de désamorcer les conflits au sein du groupe. Si deux chevaux se battent, c'est le dominant qui viendra mettre de l'ordre dans leur dispute. C'est lui qui commande, et les autres chevaux le respectent et le considèrent comme tel.

Première rencontre entre deux chevaux

Lors d'une première rencontre, les deux chevaux vont se respirer pour mieux s'identifier. Ils peuvent s'apprécier, ou pas. La réaction est immédiate.

Des espaces bien définis

Le cheval a des activités bien réglées : manger, dormir, brouter, jouer. Ils consacrent aussi un temps déterminé pour le toilettage et le grooming.

Si vous rentrez dans le pré, vous pourrez constater où sont situés :

  • les endroits de repos ;
  • les espaces d'alimentation, où l'herbe est plutôt rase ;
  • les lieux définis pour les roulades ;
  • parfois, un espace aménagé pour le crottin ;
  • le chemin de terre tracé par les chevaux pour se rendre au râtelier ou à l'abreuvoir.

Les attitudes du cheval

Qu'elles soient manifestées vis-à-vis de ses congénères ou dans tout autre contexte, certaines attitudes spécifiques au cheval sont très reconnaissables et très parlantes sur son état d'esprit.

Signes d'agressivité chez le cheval

Les signes d'agressivité ou de menace chez le cheval se repèrent aisément :

  • Il a les oreilles couchées, tout en avançant la tête (en direction de l'autre équidé, par exemple).
  • Ses dents sont en avant.
  • Son regard est fixe et dur.
  • Ses naseaux sont pincés.
  • Il fouette de la queue.
  • Il peut mordre ou bousculer violemment l'autre individu.
  • Il peut même s'élancer sur l'autre cheval en le tapant et en hennissant de colère.

Si un dominant se montre agressif vis-à-vis d'un dominé, ce dernier se sauve ou s'écarte en baissant la tête avec la queue basse. Il peut aussi utiliser le snapping.

Snapping : l'attitude agressive du cheval

Le snapping permet au cheval de manifester sa soumission. Pour y parvenir, il :

  • tend son encolure ;
  • baisse la tête ;
  • mastique l'air.

Grooming social : le toilettage mutuel

Comme pour les humains, les chevaux ont des préférences et des affinités entre eux. Le toilettage mutuel, appelé grooming, en est la preuve frappante.

Les caractéristiques du grooming social sont les suivantes :

  • Il a une fonction apaisante et essentielle au sein du groupe.
  • Il permet de désamorcer les différentes tensions existantes entre les chevaux.
  • Il fonctionne comme un anti-stress qui aide à maintenir l'union du groupe. 

Les chevaux qui s'apprécient vont pratiquer ce toilettage mutuel. Ainsi, ils vont effectuer de petits grattages en mordant très légèrement la peau de leur copain avec leurs incisives. Les zones de prédilection sont le garrot, et la zone qui s'étend du milieu de l'encolure jusqu'à la croupe.

Lors d'une séance de grooming, on va donc apercevoir les deux chevaux tête-bêche. Ils peuvent ensuite se reposer en réalisant des mouvements de la queue pour protéger l'autre équidé des insectes.

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